Statut des commissaires d’arrondissement
Actualités - 09/06/2011
Il y a, par province, un commissaire du Gouvernement wallon qui porte le titre de commissaire d’arrondissement. Celui-ci est l’adjoint direct du Gouverneur. Il assiste ce dernier dans l’exercice de ses compétences et le remplace en cas d’absence ou d’indisponibilité. Le Gouvernement wallon a fixé le statut administratif et pécuniaire des commissaires d’arrondissement dans un arrêté du 12 mai 2011.
Nomination
Pour accéder à la fonction de commissaire d’arrondissement, les candidats doivent :
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être belge ;
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jouir des droits civils et politiques ;
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satisfaire aux lois sur la milice ;
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être d’une conduite répondant aux exigences de la fonction ;
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être âgé de 30 ans au moins ;
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être porteur d’un diplôme donnant accès aux emplois de niveau A dans le Code de la Fonction publique wallonne (CFPW) ; et
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justifier d’une expérience en Belgique de cinq années dans des fonctions administratives ou scientifiques de niveau A.
Ces conditions doivent être réunies le jour de la date limite du dépôt des candidatures.
La procédure d’attribution de l’emploi commence lorsque le Gouvernement déclare vacants les emplois de commissaire et elle peut même débuter un an avant la date de sa vacance certaine. L’appel à candidature est ensuite publié dans le mois qui suit la déclaration de vacance de l’emploi via un avis dans le Moniteur belge et les sites intranet et internet du Gouvernement.
Les candidatures doivent être envoyées au gouverneur de la province concernée (président de la commission de sélection) par pli recommandé dans les 30 jours qui suivent la publication de l’avis au Moniteur. Seront déclarées irrecevables, les candidatures qui ne sont pas accompagnées des documents nécessaires établissant que le candidat rempli les conditions fixées ci-dessus (copie du diplôme, extrait du casier judiciaire,…) ou d’une lettre de motivation circonstanciée pour la fonction sollicitée.
Dans les 15 jours qui suivent l’expiration du délai d’introduction des candidatures, le président de la commission de sélection transmet une copie de toutes les candidatures aux membres et convoque la commission pour une réunion qui se tient dans les 30 jours qui suivent la fin du même délai. Lors de cette réunion, la commission examine la recevabilité, puis compare les candidatures. Une autre réunion se tient dans les 30 jours qui suivent la première. Au cours de celle-ci, la commission entend chaque candidat pour évaluer leurs connaissances par rapport à la fonction (connaissance des institutions locales, la connaissance de la fonction de commissaire d’arrondissement et de gouverneur,…).
Sur la base des éléments recueillis, la commission établit une proposition de classement motivée, par ordre de préférence, de cinq candidats au plus. En cas de contestation, des recours sont prévus par l’
arrêté.
A la fin du processus, le président de la commission transmet cette proposition de classement au Ministre du Gouvernement wallon qui a les pouvoir locaux dans ses attributions. Ce dernier soumet la proposition définitive à son tour au Gouvernement wallon qui la transmet au Conseil des Ministres pour
avis conforme (6, §1, VIII, 1°, al. 4 LSRI). Dans les 30 jours qui suivent la réception de l’avis conforme du Conseil des Ministres, le commissaire est nommé par le Gouvernement.
Droits et devoirs
Parmi les différents
devoirs qui incombent aux commissaires d’arrondissement, on retrouve notamment dans le CFPW :
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l’obligation de remplir la fonction avec loyauté, conscience et intégrité sous l'autorité de leurs supérieurs hiérarchiques ;
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l’obligation de traiter les usagers de leur service avec compréhension et sans aucune discrimination ;
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le fait d’éviter, en dehors de l’exercice de leurs fonctions, tout comportement qui pourrait ébranler la confiance du public dans leur service ; ou encore
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le fait de ne pas solliciter, exiger ou recevoir des dons, gratifications ou avantages quelconques en raison de la fonction.
Les droits des commissaires sont également énumérés dans le CFPW (
art. 3). Cependant, la disposition qui prévoit que les agents ont droit à la formation utile à leur travail n’est pas applicable aux commissaires.
Missions et évaluation
Le commissaire s’appuie sur les agents régionaux, fédéraux ou provinciaux mis à sa disposition par le gouverneur pour exercer ses compétences et missions. Le 31 mars au plus tard, il adresse au gouverneur le bilan de l’exercice de ses missions régionales durant l’année civile écoulée.
Afin d’examiner comment le commissaire exerce ses fonctions, des évaluations sont programmées tous les 2 ans. Le gouverneur peut lui attribuer une évaluation favorable, réservée ou défavorable. Toutefois, en cas d’évaluation réservée ou défavorable, une nouvelle évaluation lui est attribuée un après. Lorsque deux évaluations défavorables successives ont été définitivement attribuées, le commissaire court le risque d’être licencié pour inaptitude professionnelle.
L’arrêté prévoit également des recours au niveau des différents stades.
Positions administratives et congés
Les positions administratives correspondent aux situations que les commissaires peuvent être amenés à connaître au cours de leur carrière. Ces positions sont régies par différentes dispositions du CFPW auxquelles l’arrêté fait référence. Le commissaire d’arrondissement peut donc se trouver, à tout moment, dans une position administrative ‘d’activité de service’, de ‘non-activité’ ou bien de ‘disponibilité’. Toutefois, une exception est insérée pour certaines dispositions relatives au droit à l’avancement de traitement et la possibilité de faire valoir ses titres à la promotion.
Concernant les congés, le commissaire d’arrondissement a droit :
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au congé annuel de vacances et jours fériés ;
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aux congés de circonstances (mariage ou décès de certains membres de la famille, participation à un jury d’assises, …) ;
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aux congés à but philanthropique (à l’exception des congés pour accompagner et assister des handicapés et des malades au cours de voyages) ;
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aux pauses d’allaitement – protection de la maternité ;
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au congé de paternité ;
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au congé d’accueil en vue de l’adoption ;
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au congé parental
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aux congés pour motifs impérieux d’ordre familial (hospitalisation d’un proche habitant sous le même toit, garde des enfants de moins de 15 ans pendant les vacances scolaires,…). Par ailleurs, la durée de ce congé n’est pas réduite pour les commissaires d’arrondissement (
Art. 403 CFPW) ;
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au congé de maladie;
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au congé pour interruption de carrière professionnelle pour donner des soins palliatifs ou pour l’assistance ou l’octroi de soins pour maladie grave. Il devra toutefois interrompre sa carrière de manière complète ; et
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au congé pour mission auprès d’un groupe politique reconnu (d’une assemblée législative fédérale, régionale, …) pour l’exercice d’une fonction dans un Cabinet ministériel.
Pour chacun des congés précités, l’arrêté précise les modalités d’application. En outre, lorsque le commissaire souhaite prendre un de ces congés et dont la durée dépasserait les 5 jours ouvrables, il devra au préalable demander l’autorisation du gouverneur. En outre, il fera en même temps une proposition d’une personne pour le remplacer temporairement.
Régime disciplinaire
En cas de manquement à ses devoirs ou de condamnation pénale, le commissaire est passible de diverses sanctions disciplinaires comme le blâme, la retenue de traitement (sans être supérieure à 3 mois et sans dépasser le cinquième de la rémunération nette) voire la révocation.
L’arrêté détermine les modalités à respecter et la procédure à suivre pour infliger ces sanctions.
Cessation des fonctions et perte de la qualité de commissaire
Par analogie, le commissaire perd d’office et sans préavis la qualité de commissaire pour les mêmes raisons qu’un agent perd la qualité d’agent selon le CFPW (
art. 228).
Entraîne la
cessation des fonctions, la démission volontaire, la mise à la retraite et le licenciement pour inaptitude professionnelle définitivement constatée.
Statut pécuniaire
1) Traitement, ancienneté et allocations
Le traitement annuel du commissaire est fixé dans l’
échelle A4. Il est payé à terme échu, au plus tard le dernier jour ouvrable du mois.
La promotion des commissaires s’effectue par avancement d’échelle de traitements c’est-à-dire par l’attribution d’une échelle de traitements plus élevée dans le même grade.
Est ainsi promu, le commissaire qui satisfait aux conditions suivantes :
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compter une ancienneté d’exercice de la fonction de 8 ans pour la promotion à l’échelle A4S et de 16 ans pour la promotion à l’échelle A3 ;
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justifier de l’évaluation favorable ; et
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ne pas être sous le coup d’une sanction disciplinaire définitive non radiée.
L’ancienneté pécuniaire est calculée en fonction des ‘
services admissibles’ (238 à 242 CFPW) fixés par le gouverneur à la demande du commissaire qui joint à sa demande tous éléments de preuves utiles.
Les commissaires bénéficient chaque année d’un pécule de vacances et a droit à une allocation de fin d’année. L’arrêté renvoie expressément vers le CFPW pour déterminer les modalités relatives au calcul du traitement, du pécule de vacances et de l’allocation de fin d’année du commissaire.
2) Indemnités
L’arrêté prévoit une indemnité forfaitaire de 1200 € par an pour frais de représentation qui est payée mensuellement, en douzièmes et à termes échu, en même temps que le traitement. Les commissaires bénéficient également d’indemnités pour frais de parcours, de séjour et de déplacement sur le chemin du travail.
Sauf faute grave, en cas de licenciement pour inaptitude professionnelle, une allocation de départ lui sera versée. Le montant de celle-ci varie en fonction de l’ancienneté du commissaire.
Le cas échéant, une allocation d’intérim et une indemnité pour frais funéraires peuvent aussi être attribuées.
Entrée en vigueur
Le Ministre des Pouvoirs locaux et de la Ville sera chargé de l’exécution de l’arrêté du Gouvernement wallon du 12 mai 2011. Celui-ci entre en vigueur le premier jour du mois qui suit celui de sa publication au Moniteur, soit le 1er juillet 2011. Il abroge certaines réglementations pour ce qui concerne les commissaires d’arrondissement.
Attention : pour les commissaires qui étaient en fonction au 12 décembre 1987, le calcul de traitement reste fixé dans l’échelle de traitements A3 avec maintien de l’ancienneté qui leur a été octroyée à leur nomination. Pour les commissaires qui sont entrés en fonction après cette date et avant l’entrée en vigueur du présent arrêté, ils sont réputés remplir la condition ‘d’évaluation favorable’ au 1er juillet 2011.
Arrêté du Gouvernement wallon du 18 décembre 2003 portant le Code de la Fonction publique wallonne (
CFPW), MB, 31 décembre 2003.